Transport en commun gratuit

Transport en commun gratuit


Bien que Montréal et le Québec soient présentés comme des régions relativement écologiques, les données ne corroborent pas cette image. 43 % des émissions de carbone du Québec proviennent des transports, et la principale solution proposée par le gouvernement a consisté à remplacer les voitures à essence par des voitures électriques – une solution que nous qualifions de « greenwashing ». Sachant qu’un usager de bus émet en moyenne 33,21 % de CO₂ de moins qu’un automobiliste et que 78 % des microplastiques présents dans nos corps proviennent des pneus de voiture, il faut réduire le nombre de voitures en circulation tout en luttant contre l’inabordabilité des transports dans notre ville. Les tarifs augmentent chaque année depuis 2022, et la frustration et les difficultés collectives sont palpables. En conséquence, notre campagne de transports en commun repose sur trois revendications :

  • Gratuit ; en tant que mesure libératrice, où le coût ne constitue plus un obstacle pour quiconque a besoin de se déplacer en ville, c’est-à-dire sans tourniquets, sans cartes de métro, ni contrôle d’accès.
  • Élargi : pour que chacun.e puisse se rendre en toute sécurité là où il/elle/iel le souhaite, tant en termes d’accès universel que de sécurité communautaire.
  • Accessible : pour garantir que tous les quartiers de la ville puissent être desservis en temps opportun, tout en tenant compte des efforts en matière de justice en matière de logement et en collaborant avec eux.

Cette campagne place les personnes marginalisées au centre de ses préoccupations. Nous ne considérons pas la gratuité des transports en commun comme une victoire si elle nécessite une carte d’abonnement que l’on ne peut obtenir qu’en ayant une adresse à Montréal (ce qui exclut à la fois les personnes sans domicile fixe et celles qui vivent en dehors de Montréal). De même, nous ne considérons pas l’extension de nos réseaux de transport en commun comme une victoire si elle entraîne la gentrification des quartiers et le déplacement des habitants hors de leurs communautés. Sans une coalition intersectionnelle à la tête de cette campagne, nous risquons fort de reproduire les inégalités du système actuel. Une partie du travail de plaidoyer consiste à construire des coalitions et un pouvoir collectif, ce qui garantira que nos revendications et la manière dont nous les réalisons s’inspirent du travail mené par d’autres organisations communautaires : travail pour la justice pour les personnes handicapées, de défense des terres autochtones, pour la justice en matière de logement, antiraciste, etc.

Tout en continuant à faire pression pour ces trois revendications à long terme, nous concentrons actuellement nos efforts à court terme sur la gratuité totale des transports en commun pour les jeunes de moins de 18 ans.